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Les prénoms de fruits

Qu'ils viennent du français ou de l'arabe, les prénoms évoquant des fruits sont plus rares que ceux rappelant des fleurs… Petit tour d'horizon rapide de ces prénoms « juteux »…

La fleur plutôt que le fruit

Les prénoms de fruits
Les prénoms de fleurs sont assez fréquents et souvent très populaires (il suffit de penser aux innombrables Rose ou Marguerite…). Mais les prénoms de fruits sont beaucoup plus rares et exclusivement féminins.
Même si, dans toutes les civilisations, la femme a été peinte, dessinée, sculptée comme un symbole de fécondité, un nom de fleur (qui va offrir ensuite ses fruits) a visiblement semblé de tout temps une forme plus poétique de dénomination.
Ces prénoms sont d’ailleurs tout neufs ; ils datent au mieux du calendrier révolutionnaire ou des années 1970. Même s’ils sont récents, remarquons qu’ils reprennent les fruits les plus anciens : kiwis, papayes, fruits de la passion, mangoustans et autres produits exotiques inconnus il y a quelques années encore n’ont toujours pas fait leur apparition dans les cours d’école...



Prénoms de langue française…

Les prénoms de fruits
- Amande :
Amande naît avec le calendrier révolutionnaire. Il est donné au mieux à cinq à six filles par an du début du XIXe siècle à 1950. Il réapparaît en 1976, mais reste rare, attribué à 3 fillettes en moyenne tous les deux ans.

- Cerise :
Disparu avec le calendrier révolutionnaire, ce prénom juteux est réapparu dans les années 1980. Depuis 1990, il nomme une quinzaine de petites filles par an.

- Myrtil, Myrtile ou Myrtille :
La myrtille est une variété d’airelle. Présent dans le calendrier révolutionnaire (sous l’orthographe Myrtil), le prénom Myrtille revient en 1905. Depuis les années 1970, il est attribué à 20 petites filles par an. On trouve quelques Myrtile, une orthographe erronée. Pour les petits garçons, Myrtil est donné à quelques rares bébés jusqu’en 1956, date de sa dernière attribution.

- Olive :
Si le fruit de l’olivier est attesté comme prénom (rare) tout au long du XIXème siècle puis dans la première moitié du XXème siècle, c’est parce qu’il est la traduction féminine du très populaire et très ancien prénom Olivier. Il existe d’ailleurs deux saintes martyres de ce nom : Olive de Brescia, fêtée le 5 mars, et Olive la Tunisienne, le 10 juin. Un prénom que les histoires drôles des années 1940 sur les fadas Marius et Olive ont contribué à éteindre, ainsi sans doute que les bandes dessinées et dessins animés d’alors sur le marin Popeye et la grande Olive qui l’accompagnait. Au moment où s’éteignait Olive, Olivia prenait son essor et désigne désormais, depuis les années 1980, 800 petites filles par an en moyenne. Sa cousine Olivette a fait une apparition (20 attributions par an) dans les années 1920-1930, lorsque les noms en –ette étaient à la mode.

- Pomme :
Ce prénom fruité, présent dans le calendrier révolutionnaire, est réapparu récemment, en 1979. Il reste rare, mais se maintient par intermittence avec trois à sept attributions par an.

- Prune :
Comme Pomme, Prune a surgi dans les années 1970, mais a connu un meilleur essor (une centaine de petites filles par an désormais).

Prénoms de langue arabe…

Les prénoms de fruits
Dans le monde arabe, les noms de fruits étaient aussi tous féminins et fort rares. En termes d’attribution, ils étaient à l’inverse plus fréquents autrefois qu’aujourd’hui, où ils ont presque totalement disparus.
On peut évoquer :

- Budûr :
Ce prénom n’évoque pas un fruit en particulier mais sa maturité.

- Thamra :
Un prénom qui reste générique, désignant tout ce qui est « fruit ».

- Jullanär :
Ce joli prénom désigne la grenade.

- ‘Anba :
Ce prénom, féminin bien sûr, signifie « grain de raisin ».

- Unqûda :
Pour rester dans la vigne, voici un autre prénom qui, cette fois, désigne la grappe de raisin tout entière.


Et vous ?
Souhaitez-vous pour votre enfant l’un de ces prénoms « à croquer » ?

Texte : Marie-Odile Mergnac